COVID-19, l'envers du décor


Le COVID-19 est là....

2 mois que nous savons son arrivée proche, 2 mois que notre ministère aurait pu préparer le matériel, les directives,.....

Non, rien.

Tout se fait dans l'urgence, la peur.

Les initiatives locales fleurissent, la solidarité (qui n'est pas le point fort de notre profession) s'organise. Nos instances travaillent dans l'urgence pour encadrer au mieux notre pratique, parfois avec les moyens du bord.

Le confinement est là, et pourtant......

Dans de nombreuses villes de France, les professionnels de santé s'insurgent devant le nombre de marcheurs (seuls en ou famille), les joggers, les cyclistes...

Encore ce midi je discutais avec une pharmacienne en Haute-Savoie qui avait reçu environ 150 personnes à son comptoir ce matin pour des bricoles: déodorant, crème de jour,...Effarant!

Les français ne semblent pas mesurer le tsunami qui va arriver.

Et pourtant l'Italie nous montre son désarroi, son épuisement, sa peur face à ce virus.

Témoignage hier soir de Hélène, IDEL en Haute-Savoie:

"Cet après-midi (soit le 19/03), j'ai dénombré un trentaine de cyclistes, seuls ou en famille. Quand 2 m'ont coupé la priorité à un stop, ça a été la goutte d'eau, je leur ai signifié que le confinement ne signifie pas vacances et loisirs. S'en sont suivies des insultes, des menaces....Je suis partie, dépitée. Les gens ne comprennent pas."

Témoignage de Esther, IDEL à Clermont-Ferrant:

"J'ai pris de la distance avec mes amis. Leur réaction face à ce virus est trop légère, je préfère faire ça que me brouiller avec eux. Je trouve qu'il y a un fossé grandissant entre les soignants et la population. Nous ne parlons plus le même langage...nous n'avons plus le temps de faire de l'éducation. On risque nos vies pour des gens qui ne comprennent pas..."

Les hôpitaux s'organisent depuis plusieurs semaines: les services de jour et de semaine ferment, les lits de centaines de services se vident pour laisser place à l'urgence imminente.

Les cures de chimiothérapie sont annulées et reportées à.....personne ne sait quand.

Et les libéraux????

C'est la catastrophe.

Le matériel est donné au compte-goutte, quand il est donné, quand les camions de livraison ne se font pas braquer.

18 masques chirurgicaux / semaine/infirmière. Durée de vie d'un masque: 3 à 4 heures, pourcentage de protection: 60% seulement... Ne travaillez pas trop surtout!

L'Ordre infirmier nous demande d'enlever nos caducées pour ne pas nous faire voler notre matériel, voire même ne pas fermer nos voitures à clés pour ne pas nous faire casser les vitres.

Fiction me direz-vous? Non, absolument pas.

Dans certaines régions, les premiers patients COVID positifs sortent de l'hôpital.... mais ne trouvent pas de professionnels pour le suivi. Pas de gants, pas de masques adaptés à la situation, pas de surblouse, pas de lunettes protectrices....Rien. Nous sommes laissés à l'abandon par ce gouvernement. Et la situation est la même dans les hôpitaux, pour toutes les professions de santé, pour toutes les professions qui travaillent aujourd'hui en France avec du public. Nous sommes tous dans la même galère.

Pas de protection pour nous, pour protéger nos familles et nos proches, nos patients.

L'envie de quitter le navire est forte....

Mais n'oublions pas nos obligations, et le code de la Santé Publique qui prévoit, en cas de menaces sanitaires graves, des réquisitions organisées par la Préfecture de région.

Nous risquons 10 000€ d'amende et 6 mois de prison ferme (Articles L3131-8 et L3136-1 du Code de la Santé Publique.

Aujourd'hui ça suffit.

UNIDEL a décidé de briser ce tabou et vous transmet les témoignages recueillis sur les

forums professionnels.

Pour que la parole se libère.

Pour que nous puissions enfin dire ce que nous ressentons.

Pour que chacun/chacune ne se sente plus seul(e) dans cette situation.

Depuis plusieurs jours, nous nous serrons les coudes en s'appelant, en envoyant des messages à nos collègues, en isolement ou non.

Notre messenger est sollicité, je reçois des appels de confrères/consoeurs qui ont juste besoin de savoir qu'ils ne sont pas seuls à avoir peur.

Parce que oui, nous sommes soignants et nous avons peur!

Notre page Facebook UNIDEL est là aussi pour vous permettre de vous exprimer.

Notre page Facebook adhérents UNIDEL permet aussi de partager de astuces.

Notre association vous épaulera au mieux qu'elle le peut durant cette crise sanitaire inédite.

Nous tenons à remercier nos diverses instances: Ordre, URPS, syndicats, associations.

Toutes ces instances sont faites de bénévoles qui doivent, comme nous tous gérer leurs cabinets, transmettre les directives, rassurer les collègues.....faire au mieux avec ce qu'ils ont, comme nous tous!

Courage à tous dans cette période!

Unidèlement.

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