L'IDEL, maillon fort de la continuité des soins malgré la précarité.

July 1, 2019

 

Il y a plusieurs mois, Kryss, une adhérente UNIDEL nous faisait part d'une situation délicate qu'elle vivait.

 

En ce 1er juillet, journée mondiale du bandeau blanc contre la pauvreté, UNIDEL a décidé, à sa manière de participer à cette journée.

 

1ère rencontre

 

"Me voilà devant un nouveau patient, à son domicile,1ère visite,l'escalier pour rejoindre son appartement ressemble à un escabot geant.

 

Lui, double fracture malléolaire opérée,appui interdit pendant 45 jours.

Il est rentré chez lui "en rampant sur les fesses".


Il me donne son ordonnance où est specifié "soins urgents":pansements, injections durant 60 jours et prise de sang bi hebdomadaire.

 

Je lui demande le traitement qui a été délivré par la pharmacie, il me montre deux injections, deux boîtes d'anti douleur et c'est tout."

 

La précarité sociale...non gérée en amont


Le monsieur n'a aucune couverture sociale,est interdit bancaire,est hebergé gratuitement chez un ami (en difficultés financières aussi),n'a pas de famille, n'a pas de médecin traitant, et s'est fait prêter de l'argent pour payer la pharmacie.


Pour le reste on fait comment?


"Il me dit "l'assistante sociale de l'hôpital m'a dit d'envoyer un justificatif de domicile pour débloquer mon dossier....."

 

Se retrouver devant le fait accompli


"Dans ma tête je me dis :


"Je fais quoi? Je vais m'expliquer avec la pharmacie? Je téléphone à l'assistante sociale de l'hôpital pour lui dire de venir payer les injections, les pansements, le laboratoire et les infirmières? Je vais voir les assistantes sociales du quartier?"


Après concertation, j'ai décidé d'appeler la cadre du service qui a laissé sortir le patient comme ça.


Je lui fais son injection, je vérifie son pansement,et je suis partie en lui disant que je le tenais au courant de la suite.


Je téléphone à la cadre, je vous passe les détails. 


Ce patient n'aurait jamais dû sortir sans la garantie d'avoir des droits sociaux ouverts afin de pouvoir être pris en charge à domicile, et sans avoir la garantie de trouver une infirmière, ça non plus l'assistante sociale ne s'en est pas occupée."

 

L'IDEL au coeur des soins, témoin de la précarité


L'histoire se termine bien pour le patient au final.


"Pour moi, j'ai travaillé 1h gratuitement, au moins j'ai fait mon boulot, avec un petit plus, celui de l'assistante sociale.

 

Au quotidien les IDELS gèrent des situations difficiles, délicates, elles alertent, et désamorcent bien des problèmes."


Sans nous, les soins de ville ne fonctionneraient pas.

 

La solidarité IDEL

 

Suite à ce récit sur notre page Facebook, de nombreux témoignages nous ont été rapportés.

Des messages de soutien, des infos pratiques,....

 

La solidarité IDEL a une fois de plus montré un bel exemple.

 

En voici quelques extraits:

 

"Bonjour à tous,

Suite à l'expérience compliquée de Kryss et beaucoup d'autres IDELS,
Voici le numéro qui m'a été communiqué en cas de droits fermés à la CPAM, ..... Numéro de téléphone d'urgence communiqué par la déléguée CPAM qui vient me voir chaque année :

LIGNE URGENCE PRECARITE
xxxxxxxxxx
Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 17h
Répondeur disponible où vous devez laisser le numéro de sécurité sociale de votre patient et ses coordonnées.

J'espère que ça vous aidera !!!"

 

"Super exemple de prise en charge bio psycho sociale non valorisée et non reconnue par la convention !"

 

 "Triste exemple et tellement dure réalité ! Que tout le monde prenne conscience de se rôle la 
Merci de ce témoignage!"

 

 "J’ai bossé un mois 1/2 à faire 2 pst : suture de 40 cm + lame + poche sur l’abdomen - pst anus avec mèche. Jeune immigré clandestin comorien venu se faire soigner à Mayotte et le CH de Mayotte ayant diagnostiqué 3 cancers : foie poumon anus l’a envoyé à la Réunion où il a été pris en charge. Ils savaient pertinemment qu’il ne trouverait pas d’infirmière à domicile sans sécu, sans papier, sans même l’AMI, mais ils l’ont fait sortir quand même après lui avoir, quand même !, trouvé un hébergement d’urgence. Tu crois que j’aurai pu laisser un gosse de 21 ans sans soin ? Même si ça me prend 1 h 30 à faire le boulot sur un matelas à même le sol, et en sachant que je ne serai jamais payée ?"

 

 "Sans nous... c'est simple. Le pharmacien ne délivrera rien du tout, il ne va paq perdre du fric hein, éventuellement un gentil medecin le verra gratuitement mais il ne fera pas me relais pour la suite. On peut éventuellement appeler, ce que j'ai déjà fait, le secours catholique pour le medecin etbil y aura un relais daide sociales avec un contact urgent assistante sociale mais.... il faut que ce soit tt possible. L'assistante ne va pas arriver tte seule. Donc le patient aura peut etre une consult et pour le reste on attends l'embolie pulmonaire comme ca il sera pris en charge. 
Des histoires récurrentes que peu imaginent car grâce a nous ca arrive deja géré."

 

"C’est notre lot pas une semaine ou on travaille gratuitement pour débrouiller ces situations de personnes en difficulté"

 

"Perso je renvoi aux urgences avec lettre circonstanciée : soins impossible au domicile insalubre mettant en vie en danger. Responsabilité renvoyé vers la cadre et son Assisstante sociale"

 

 

Mais aussi le constat des limites institutionnelles, limites démontrant que la santé d'aujourd'hui est devenue comptable.

 

 "J ai été faisant fonction et lors de situation identique on nous dit que c est pas notre problème, que l hôpital ne peut pas gérer les situations difficiles des patients et qu il ne peut pas perdre de l argent...
En tant que libérale, nous perdons beaucoup de temps et d argent a gérer nos patients difficiles, tu as fait ton travail car tu as assuré la continuité des soins mais gratuitement.
On nous parle de mobilisation infirmière face au plan sante, je pense que nous avons tous et toutes ce genre d histoire a relater.
Soit nous inondons le ministère de la santé de ce genre d histoire soit nous utilisons les médias pour informer. a voir
En tout cas bravo pour ta prise en charge."

 

" Et La bizarrement ça n'intéresse pas l'HAD, pas rentable! Un bel exemple de dévouement qui merite d'être mis à la une"

 

" Perso désolée mais je ne travaille pas gratis donc retour à l envoyeur dixit l HOPITAL qui connaît la situation au minimum CPAM. Ils sont censé se renseigner sur la situation de domicile avant un retour à domicile qui en l occurrence ici n est pas possible"

 

Une recherche...infructueuse...

 

Suite à ce récit, nous avons cherché comment aider les personnes en difficultés, qui sacrifient leur santé en raison de non accès aux droits sociaux.

 

Il faut savoir que, en France, 1 personne sr 3 renonce aux soins pour raison financière.

 

Le premier site visité fut le site du ministère des affaires sociales.

 

Il existe un plan pluriannuel de lutte contre l'exclusion et lutte contre la pauvreté.

Notre attention s'est portée sur les droits sociaux, et l'accessibilité donnée aux personnes en situation de précarité à faire valoir leurs droits.

 

Le plan dit:

 

"Notre modèle social est marqué par une forte complexité qui se traduit notamment par un fort taux de non-recours. Réviser le système de délivrance des prestations sociales est un enjeu majeur de la stratégie de lutte contre la pauvreté pour garantir à chacun la perception de son juste droit.
Pour lutter contre le non recours et faciliter l’accès aux droits, le gouvernement met notamment en place un accompagnement des bénéficiaires du RSA et lance une refonte des minima sociaux avec la création du Revenu universel d’activité."

 

Les actions qui en découlent....

 

A ce jour, des consultations avec les partenaires sociaux, les associations,... sont en cours.

 

Un colloque national entre l'Assurance Maladie et l'Observatoire des non recours aux droits et services a eu lieu les 6 et 7 juin dernier.

 

Une nouvelle prestation verra le jour en 2020....

Nous n'avons pas lu grand chose en rapport avec la difficulté d'accès aux droits sociaux, ni avec la complexité administrative française, sui repousse nombre de nos concitoyens à faire valoir leurs droits, comme il est stipulé dans le constat du plan ministériel...

 

En attendant cette nouvelle prestation, il faut solliciter les acteurs sociaux, qui sont plus à même de s'y retrouver dans les méandres de l'administratif français.

 

Informations pratiques

 

Nous avons trouvé un simulateur d'aides sociales, qui regroupe 34 aides sociales.

Bon nombres d'IDEL se trouvent dans des situations précaires.

Nous vous suggérons d'essayer ce simulateur, nous avons découvert des aides peu connues, cliquez sur ce lien:

 

https://mes-aides.gouv.fr/

 

Outre ce simulateur, il est bon de rappeler qu'il existe des CCAS (Centre Communal d'Actions Sociales), ou CIAS (Centre Intercommunal d'Actions Sociales) dans chaque commune, ou intercommunalité. Vous en apprendrez plus à travers le lien donné plus bas.

 

Dans certaines régions, il existe une ligne de la CPAM dédiée: la LUP (Ligne Urgence Précarité).

Nous ne pouvons communiquer les numéros dans cet article, puisqu'ils sont réservés aux professionnels de santé, et non communicables aux assurés. Nous vous conseillons de contacter votre CPAM. Si votre région en est dépourvue (comme la région AURA), la GOS (Gestion de l'Offre de Soins) est à votre écoute pour signaler un dossier et vous accompagner dans les démarches (expérience vécue).

 

Il existe également de nombreuses associations, structures, dispositifs régionaux,... dont la liste est longue.

Nous ne pouvons tous/toutes les citer, mais nous vous engageons à nous les communiquer pour un article