Manifestations infirmières du 20 novembre 2018 : Et Maintenant?

November 30, 2018

 

Oubliées du plan santé 2022 présenté par le Président de la République le 18 septembre, nous avons pris le temps de nous organiser afin de répondre à ce plan.

Un collectif de 16 organisations professionnelles dit « unitaire » s’est mis en place afin d’organiser un mouvement national.

UNIDEL s’est joint à ce collectif, avec l’espoir de travailler tous ensemble, pour un rassemblement des professionnels de santé libéraux.

Quelques centaines d’infirmiers ont manifesté devant chaque préfecture, les délégations professionnelles ont été reçues afin d’entendre nos revendications.

 

Ce que UNIDEL a retenu de cette journée du 20 novembre!

 

Une mobilisation sur tout le territoire y compris les DOM, des manifestants poings levés bien que peu nombreux.

Les raisons de cette faible participation sont multiples, certaines pistes sont à explorer

 

  • L’organisation et la communication de ce mouvement « unitaire ». Les informations sont arrivées au compte-goutte, ne permettant à chacun de s’organiser et d’informer correctement ses collègues. Sitting ? Opération escargot ? Blocage ? Manifestation ? Autant de questions qui n’ont eu de réponses que les jours précédant le 20 novembre, voire le jour même.

  • Le choix de la date : 2 mois après l’annonce du plan. La colère que l’on a sentie de part et d’autre est retombée doucement, et ne s’est pas assez réveillée. Oui une manifestation nationale se prépare, un communiqué de presse se prépare, une communication se prépare. Mais n’oublions pas que la 1ère réunion de ce mouvement a eu lieu le 24 octobre, soit plus d’un mois après l’annonce. Ayant participé à ce mouvement, nous avons vu des demandes en préfecture se faire moins de 15 jours avant la date de la manifestation, donc l’argument temps….

  • Le choix des lieux : les préfectures, symbole de la représentation de l’Etat : ce lieu parle-t-il à beaucoup ?  Une première carte est sortie après cette réunion du 24 octobre, officielle et arrêtée par l’ensemble du collectif. Puis une 2ème carte est apparue, puis une 3ème, Nous avons demandé des explications : lieux secondaires retenus lors de la réunion du 6 novembre (ah bon, il y avait réunion du collectif ? merci de nous avoir prévenus…) D’où sont sortis ces lieux secondaires ? A l’origine de qui ? Bref, là encore, ça ne sert à rien de s’arrêter. Mais si ces lieux secondaires ont émané de la base, un seul lieu avait tout compris et réussi son pari : GAP, où un collectif réunissant hospitaliers, salariés, libéraux tous syndicats confondus s’est monté, a fait des tracts, s’est déplacé sur les marchés, manifestations devant les hôpitaux…, belle réussite ! (Attention, nous ne prétendons  pas que les autres régions n’ont rien fait, mais nous saluons l’énergie et l’implication de ce jeune collectif né suite à l’annonce du plan santé)

  • Certains diront les gilets jaunes…. Dans quelques situations effectivement les blocages ont persisté et des manifestants ont dû faire demi-tour, mais ce sont des cas exceptionnels à ne pas généraliser.

  • Les élections syndicales hospitalières qui ont disséminé les forces des syndicats hospitaliers contre les blocages et rétentions d’informations des directions.

  • La non proposition aux associations de patients, qu’il serait certainement judicieux d’interpeller (après tout, les conséquences de ce plan les affecteront)

  • Est-ce que le corporatisme paye ? Chacun trouvera sa réponse.

  • L’ « unité » partielle de ce collectif qui a exclu d‘entrée 1 syndicat libéral (peut-être également des hospitaliers, nous n’avons pas cette information), signe d’une unité fragile

 

Une couverture médiatique de grande ampleur et inédite pour notre profession.

Pour la première fois, nous avons pu profiter d’un relais médiatique important, tant dans la presse écrite locale que dans les journaux télévisés nationaux.

Des interviews, des reportages dans les hôpitaux, au domicile des patients. Nous pouvons nous dire maintenant que les médias compteront avec nous.

Nous pouvons vous dire que nos revendications qui durent depuis 2015 (à la suite de l’annonce de la Cour des Comptes) commencent à se faire entendre de la population. N’oublions pas que nous sommes la profession préférée des français.

 

Des rencontres

Et même de très belles rencontres, comme à chaque manifestation !

Le besoin de rompre l’isolement se fait ressentir à chaque manifestation.

Sentir que notre colère n’est pas unique, que nos difficultés trouvent de l’écho.

Au-delà des revendications, les manifestations sont des aventures humaines qu’il est bon de partager, une occasion de se rencontrer.

 

Et ….après ?

UNIDEL a décidé de quitter ce collectif qui nous a laissé sur notre faim. Nous cherchons encore l’unité et la cohésion, thèmes qui nous avaient donné espoir de prime abord.

Des actions isolées ont été menées, à l’initiative d’infirmiers sans « étiquette ».

Prenons l’exemple de Charline, dont l’initiative d’envoyer chaque lundi des feuilles de soins avec les actes gratuits commence à se faire entendre. Du temps perdu diront certains. Force est de constater que son action a déjà eu une réponse (évidemment pas celle que tout le monde aimerait obtenir, mais une réponse !)

 Un transfert d’appel vers le ministère de la Santé a été proposé. Ceux qui l’ont fait ont eu vent (par le retour des patients) du mécontentement du Ministère. Action facile, rigolote (pour nous). Certains diront que la pauvre secrétaire n’y est pour rien et que nous ne ciblons pas la bonne personne.

Alors qui cibler ? Ce gouvernement veut aller au bout de ce qu’il a annoncé, et n’écoute pas les propositions faites par nos représentants.

Non, nous sommes dans une société de communication, les médias se sont ouverts à nous, profitons de cette ouverture. Ciblons la population.

 

UNIDEL compte sur la participation de tous les infirmiers libéraux

 

Nous cherchons une action forte, que chacun pourrait mettre en place de chez lui (ce qui permettrait à chacun de participer sans problème d’organisation, de peur de perdre des patients, de perdre une journée de travail…)

Une action répétitive, tous les mercredis par exemple (jour des questions au gouvernement à l’Assemblée Nationale)

Notre rôle dans la prévention est primordial, pourquoi ne pas trouver une action forte préventive qui parlerait au grand public ? (un syndicat a lancé un concours photo sur le plus grand gaspillage de médicaments)

Nous pourrions cibler les marchés et proposer de tracter sur notre rôle et proposer la prise de constantes , calcul d’IMC pour montrer que nous sommes acteur du dépistage de maladies cardiaques, obésité,…..

Quelle que soit l’action retenue, il faut prendre conscience que cela empiètera sur notre temps personnel. Il n’y a pas de solution miracle permettant de laisser faire les autres.

 

 

Nous cherchons, et toutes les idées sont bonnes à discuter !

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